Fructueuses pérégrinations

Le présupposé d’Heliko était de s’opposer à l’hystérie induite par le contexte de la ville occidentale moderne.

L’idée de proposer plusieurs environnements artificiels pouvant être vécus au fil d’un parcours à sens unique est alors née, proposant un changement de paradigme dans lequel la découverte prime et où l’auto-éducation est rendue possible par ces expériences multiples. L’habitant serait alors un explorateur contemporain qui parfait sa culture au travers d’un Grand Tour remanié par l’hyper-technologie, condensé dans un bâtiment compartimenté.


Notre réflexion s’est alors portée sur une structure itinérante qui se construirait au fil d’une déambulation mondiale, dont le but serait la recherche et la récolte d’environnements à encapsuler. Ce postulat était vu comme une réflexion sur l’hyperconsommation liée au voyage et la contradiction entre le tourisme et ses conséquences sur les milieux visités.

Cependant, les contraintes techniques liées à un tel projet nous ont amené à une relecture de ces idées et à la proposition d’une nouvelle métaphore qui pourtant reste fidèle à ces réflexions :

Celle d’un volume figé dans la capitale du monde occidental, qui prend en otage les objets iconiques construits en son sein. Les étages de gratte-ciels ainsi cannibalisés agiraient comme piliers de survie pour notre bâtiment, mais également comme les objets d’étude d’un nouveau paradigme.

La proximité directe avec la culture dense occidentale poussée à son paroxysme devient alors le prétexte d’une relation complexe faite de conditions contraires pourtant entrelacées.

Rééducation empirique


Dans son livre From the Factory to the Metropolis, Antonio Negri pose une question qui nourrit les intérêts d’HELIKO:

Les usines à savoir (système éducatif ainsi que toutes les institutions d’apprentissage) sont-elles toujours des endroits productifs?

Par productivité, le collectif n’entend pas la définition capitaliste du mot, à savoir une action dont l’activité ou le rendement sont particulièrement élevés mais plutôt une productivité nouvelle qui permettrait une relation différente à l’apprentissage ainsi qu’à l’application du savoir acquis. Cette idée vient d’une constatation concernant le lieu emblématique du savoir: l’université.

Paradoxalement, le système éducatif contemporain est à la fois fortement structuré, disciplinarisé et hiérarchisé mais se trouve également à un moment d’excédent de savoir touchant aux limites du contrôle du savoir transmis.


Ce paradoxe amène à repenser la manière dont la découverte du monde, des autres et de soi-même est appréhendée. HELIKO désire créer un environnement éducatif où chacun est à la fois protagoniste, spectateur et praticien. En quelque sorte, une université où, par la découverte de moments oubliés, de gestes négligés, de savoirs délaissés et de relations méconnues, la communauté redécouvre une possibilité de vivre une auto-éducation dans un milieu expérimental. HELIKO permet de cristalliser en un lieu découverte, éducation et vie communautaire