La plateforme est une utopie flottante, espace libre et communautaire, permettant d’abriter une large population hétéroclite. Elle est la personnification de l’espoir humain porté par l’architecture, tel un radeau de la méduse idéal. Construction imaginaire étant partout et nulle part en même temps, elle se veut un échappatoire à toutes les populations ne trouvant pas leurs places, solution singulière aux crises identitaires contemporaines.

Les planifications urbaines, utopiques, du rationalisme des origines proposaient des projets très homogénéisés, peut-être plus adaptés à la société de leur époque, chose qui nous paraît étrange aujourd’hui car nous vivons dans une société très hétérogène. Afin de répondre à une multiplicité de besoin, il est nécessaire de concevoir une architecture plus personnalisable.

De fait, la plateforme s’articule, dès sa genèse, autour de l’évolutivité des logis, et des mouvements de ses habitants. La circulation est l’ousia du concept, conçu comme un moiré d’espaces de rencontre permettant une communication verticale et horizontale favorisant la diversité. En effet il n’y a pas de répartition par zone des différents programmes: logement et travail se mêlent en fonction des volontés et représentation des habitants. Il y a uniquement la circulation et la répartition plein-vide, ainsi que les éléments techniques qui sont prédisposés. Le reste n’est que croissance autonome sous forme de fractal.

Cette génération fractalistique aux axiomes géométriques, permet une structure similaire à toutes les échelles et tend ainsi vers le développement d’un optimum  social et formel. Cela permet d’éviter l’écueil du zoning, qui posa tant de problèmes dans les projets rationalistes du passé (charte d’athene). Cette fractale évoque le concept utopique: elle matérialise l’idée d’une société horizontale.

Enfin, les éléments techniques s’intègrent de façon discrète dans ce concept, et se conforme à la notion de liberté de l’utilisateur. Les colonnes techniques sont pensées autant comme supports de vie, que comme supports structurels. Ce sont les embryons de chaque logement à partir desquels chaque habitant détermine ce qui va constituer son habitat.
Le mouvement de la plateforme répond à l’idéal de liberté en architecture, une surface continue laissant entièrement libre l’habitant, de cloisonner ou nous son espace. Or cet idéal reste contraint par sa localisation, le genius loci. Nous proposons une structure libre de toutes attaches géographiques, qui permet de contourner cette dernière barrière.