La plateforme est un espace conçu comme une véritable alternative aux nombreuses plateformes numériques non coordonnées. Pour pallier à l’isolement de chacun derrière son écran, la plateforme devient un véritable centre d’expression identitaire et s’oppose à la plateforme digitale individuelle. Elle offre des espaces de loisirs, de complotisme, de militantisme, d’expression aux minorités qui souhaitent s’exprimer librement. Ces minorités sont attirées vers cet espace aux couleurs vives afin de consommer et cultiver leurs différences, se sentir en sécurité pour être soi-même, ou se rejoindre et s’organiser autour de valeurs communes. Des lieux de complots sont juxtaposés avec ceux de consommation, de militantisme qui sont eux-mêmes accolés à des espaces de logements temporaires. Le phénomène de la couleur à travers la lumière est exploré dans le but de produire un discours plastique et de bâtir des évènements chromatiques. Les néons diffusent des couleurs du spectre de la lumière auxquels les cônes de notre œil sont directement sensibles. Du bleu et du rouge, sont utilisées afin de plonger les minorités dans des couleurs intenses et profondes, qui stimulent leurs sens et les poussent au « lâcher-prise ». Ces actes de lumière électrique définissent l’espace. Questionnant son architecture ainsi que la coloration des objets, ces lumières fondent et dissolvent l’espace, focalisant les groupes de personnes sur eux-mêmes. La construction de lumière dans le champ d’objets éphémères que forme nos cinq éléments, positionnés pour former un paysage ambigu, donnent l’impression d’une étendue sans fin. Les lampes fluorescentes créent des installations, des ambiances colorées, des paysages de lumière.

Photograph featuring Dan Flavin’s untitled (to Donna) 6, 1971.
Carlos Cruz Diez, interactive chambers of color chromosaturation.
Liz West, Our Colour, 2016.
Malkit Shoshan, Love in a Mist: The Politics of Fertility, Harvard GSD, Cambridge, Massachusetts.