Au cours de ce processus analogue à un déploiement, la sensation, une sensation souvent véhiculée par la surface, joue un rôle essentiel. Tout comme l’identité, la sensation apparait comme distribuée à des degrés divers entre le corps qui perçoit et la forme qui est perçue. Plus la sensation demeure voisine du corps, plus elle reste opaque, difficile à contrôler. A l’inverse, lorsqu’elle adhère à l’objet architectural au point de constituer une sorte de seconde peau venant l’envelopper, elle paraît plus transparente, lisible, susceptible de contribuer aux objectifs que s’assignent l’architecte et son client. Par l’intermédiaire de cette gradation menant de l’opacité à la transparence, l’identité distribuée reproduit la polarité entre prévisibilité et imprévisibilité qui caractérise, on l’a vu, la subjectivité de l’ère numérique. Cette identité distribuée présente également des liens évidents avec les phénomènes de fragmentation du moi ainsi qu’avec les perspectives de reconstruction qui se font jour au travers de pratiques à résonances autobiographiques comme les pages personnelles ou les blogs. Pour le dire autrement Pour le dire autrement, le sujet contemporain est intrinsèquement multiple, et cette multiplicité qui s’exprime au travers d’une distribution spatialisée donne naissance à une identité toujours provisoire et instable sous l’effet d’un processus analogue à une construction. L’action ultime de l’architecture numérique pourrait bien consister à participer à ce processus de construction au travers de la conception d’espaces chargés d’affects

[Antoine, Picon. “Culture numérique et architecture. Une introduction”. p.108]

Dennis frenchman et Lining geng. MIT, concept signalétique pour la Digital Media City, Séoul, Corée du Sud.

L’enveloppe est l’interface entre le bâtiment et l’espace public. Une frontière, une limite, mais également un lien, une connexion. C’est l’écran qui communique à la foule les volontés de la multitude qui y habite. De cette conception paradoxale née tout un langage de signifiants et de signifiés.

Ludwig Mies van der Rohe – Glass Skyscrapes projet. 1922.

Notre peau est épaisseur. Une frontière n’est pas fine, elle abrite tout un ensemble de fonctions nécessaire à l’acte de la transition. Née ainsi le concept de la double-peau dans la façade. Elle permet de réguler la température, l’acoustique, la ventilation et la lumière.

Coupe de la peau https://microbiologiemedicale.fr/peau-anatomie/
Floatting in the air – Jean Nouvel. 2018
Bâtiment de communication – Luscher Architectes. 2004
Research Institute in Cerdanyola del Vallès – Harquitectes, Dataae. 2007
Pompidou center – Renzo Piano and Richard Rogers. 1977
SwissTech Convention Center – Richter Dahl Rocha et Associés. 2014


Notre peau n’est pas qu’une simple interface transparente. Versus affiche, projette. Nous ne faisons pas qu’être, passivement. Nous agissons ; à l’instar de notre peau, notre multitude est active et expressive.

Diagramme enveloppe

Mais cette enveloppe, à l’instar de la structure, reste d’un langage léger. Aussi l’utilisation du polycarbonate semble être toute indiqué. Plus léger et plus résistant que le verre que ce soit aux dégâts ou thermique, il semble être un matériaux tout indiqué pour exprimer la nouvelle société. Avec le métal, il est un matériaux industrielle, recyclable, durable et facile d’utilisation.

Factory Hall – Florian Nagler. 2000

Laban Dance Center – Herzog & De Meuron. 2003

Ainsi cette double peau serait à la fois filtre visuelle, mais également filtre climatique et de circulation. L’enveloppe serait plus qu’un pan de vitre, il serait une extension de l’espace, une sorte de sas entre le public et le privée.

Collage enveloppe diagrammatique