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La figure de la sphère trouve peut être son apogée dans le projet de Ivan Leonidov pour l’institut Stalin. Ce que l’on peut retenir de significatif d’une part, au delà de l’importance picturale de cet auditorium prêt à s’envoler, c’est sa conception comme un entitée capable de s’adapter à sa fréquentation (jusqu’à 4000 personnes !) grâce à des murs mobiles permettant de cloisonner la plateforme en plusieurs lieux d’audience. D’autre part, la présence de câbles de métal permet de mettre en tension cette sphère en pesanteur avec le rôle de communication des antennes radio. Elle souligne la force de cet institut à relier le peuple tout entier. 

Ce projet à la rationalité incontestée utilise toutefois la tradition de l’iconographie russe et de son architecture des Eglises pour composer avec ses différentes éléments bien que d’apparences abstraites. 

Si la révolution russe de 1917 a mis en branle l’attache du peuple aux valeures traditionnelles, Leonidov les sublimes ici pour les transformer en nouveaux ideaux capable de rassembler avec une force nouvelle.

L’Institut Lenin est un projet qui arrive à joindre le passé et le futur de la Russie.

Si l’on connaît la fascination de Rem Koolhaas pour l’oeuvre de Leonidov, on pourrait aussi noter l’influence de son voyage à Moscou sur la récurrence de certaines formes dans son travail. 

On peut bien sûr parler des fondations du Palais des Soviets, plaie béante dans la ville reconvertie en piscine. Pourtant lorsque son utilisation s’essouffle on reconstruit le bâtiment perdu depuis tant d’années. La Cathédrale du Christ-Sauveur reprend forme et place sous l’insistance générale.

Alors que peut-on dire de la force des symboles ? Et si leur simple présence avait-elle plus de pouvoir que le reste du tissu urbain ? Que se passerait-il s’ils étaient conservés au détriment de tout le reste, comme trait d’union entre notre passé et notre futur ?