Tour Bois-le-Prêtre, Raymond Lopez, 1959-61, façades de 1990

Dans notre dérive périphérique et parisienne, en quête des grandes structures qui pourraient porter notre vivre ensemble, nos pas sont attirés par une tour au fond du Boulevard du Bois le Prêtre.
Ses couleurs ternes et sa façade étouffée pleurent les rêves déçus de leurs bâtisseurs. À mesure que nous nous en rapprochions, cependant, le mirage de leur possible avenir levait son voile pour se montrer à nous.

Tour Bois-le-Prêtre, Lacaton&Vassal, 2007-10

Une structure qui se révèle, et résiste au sort qui lui a jusqu’alors été réservé. Céder à la politique du renouvellement urbain sur un fâcheux malentendu n’est pas une fatalité.
Derrière les motifs mornes et les accès étranglés, conséquences d’une stratégie du strict minimum, se trouvent encore les potentielles clefs d’une manière d’habiter qui soit juste pour tous.tes.

Les gestes nécessaires sont simples, et par cette simplicité-même pointent du doigt la supercherie les discours hygiénistes.
“Ne jamais démolir, enlever ou remplacer, toujours ajouter, transformer et réutiliser”, prêchent les secoureur.se.s de la tour,
nous rappelant que la métropole contient certainement déjà assez de ressources pour les décennies, le siècle à venir !
Des ressources qui, de par leur existence déjà entamée, ouvrent les portes vers une prolongation et un questionnement des intentions qui sont à leur origine.

D’inévitables questions nous traversent alors l’esprit: faut-il désormais concevoir des structures qui contiennent déjà les possibilités de leur prolongement rétroactif?
La transformation des vestiges du modernisme justifie-t-elle leurs immenses dimensions? Existe-t-il un seuil de densité au-delà duquel tout espoir de rédemption est voué à l’échec?
Invoqué par nos interrogations, un souffle par-delà la Manche nous enjoint de l’approcher.

École d’architecture, Nantes, Lacaton&Vassal, 2009