Un futur prometteur, un présent réaliste?

Pruitt–Igoe, Saint-Louis USA, construction 1951-55, démolition 1972-76, Minoru Yamasaki

Charles Jencks (1939-2019) attribue au 15 juillet 1972 la date de la la mort de l’architecture moderne. Ce jour-là est dynamité la première barre de l’ensemble. Cet événement soulève plusieurs questionnements sur la viabilité de ces grands ensembles.

The Bijlmermeer, Amsterdam, 1966-75
La Courneuve, implosion de la barre Debussy à la cité des 4000, 1986
Vaulx-en-Velin, Lyon, construction 1974, démolition 2010

“En 1990, le Mas avait essuyé trois jours d’émeutes urbaines, les premières de cette importance en banlieue française. Cela avait provoqué un électrochoc dont l’onde, indirectement, a mené jusqu’à la démolition de vendredi.”

“Vaulx-en-Velin, la cité a craqué” par Olivier Bertrand, Lyon, 5 avril 2010

La Courneuve (Seine-Saint-Denis) – Cité des 4000. Démolition par grignotage de la barre Balzac, 17 aout 2011.

Les premières violences imputables aux jeunes se produisent dans la décennie 1970-1980 : à La Courneuve en 1971, un jeune est tué au café Le Narval ; dans la même cité, en juillet 1983, un enfant algérien de 10 ans est assassiné d’un coup de fusil par un habitant, et le quartier s’embrase…”

Qu’elle était belle la banlieue” par Annie Fourcaut dans mensuel 315, décembre 2006

Quartier Mistral, barre Strauss, Grenoble, démolition 2010

“On voit d’ailleurs des enfants qui reviennent régulièrement dans le quartier pour retrouver leur racines.”

Grenoble : le quartier Mistral vu par les Mistraliens” par Véronique Magnin dans Place Gre’net, 19 mars 2015

Beaulieu-Montchovet, Muraille de Chine, St-Etienne, démolition 2000

“Après les années 1970, Saint-Etienne connaît une crise économique, le charbon est concurrencé par le pétrole, les industries locales sont en déclin et la démographie fléchit. Les grandes opérations lancées dans les années 1950 et 1960 ont vieilli. La « Muraille de Chine » n’est habitée qu’à moitié et la ville peine à entretenir cet ensemble. Malgré plusieurs opérations de réhabilitation dont la dernière lancée dans le cadre du programme « Banlieues 89 » (Roland Castro), elle devient le symbole des difficultés économiques et sociales : fort taux de chômage, exclusion et délinquance. La concentration en un même lieu d’une population défavorisée et touchée par le chômage fait sentir ses effets. De nouvelles politiques de la ville voient le jour. Elles prônent une mixité sociale qui s’oppose à la ségrégation qui résultait de la politique de ZUP.

Impuissante à renverser cette évolution générale, la ville décide la destruction de l’immeuble.”

Démolition de la muraille de Chine, la plus grande barre d’Europe” par Laurent Baridon dans Lumières sur Rhône-Alpes