Dans “The Good Life”, Abalos Inaki décrit New York comme la ville la plus à même d’accueillir le prototype d’une spatialité destinée aux communes, au travers de son incroyable capacité à assimiler et décontextualiser les idées de l’Avant-Garde européenne.

Il prend alors l’exemple de la Silver Factory comme un environnement dans lequel un style de vie alternatif a pu se développer, en faisant de la vie elle-même une forme d’art.

Ce prototype s’est par la suite répandu dans le quartier de SoHo sous la forme du loft, un espace à même d’accueillir des individus dont le but est de développer une vie créative et non plus familiale, au travers d’une existence qui cristallise les aspects les plus libérateurs du capitalisme.

C’est donc une nouvelle idéologie, basée notamment sur l’art, qui a permis le développement d’un nouveau genre d’espaces. Ces derniers sont parsemés dans la ville capitaliste et forment un réseau de petits mondes, d’intériorités particulières visitées au fil des soirées et vernissages par les acteurs de la scène artistique New Yorkaise.

Ces espaces se présentaient comme autant d’univers délirants développés par les esprits un peu fou de leurs créateurs, qui s’affranchissaient ainsi des canons préexistants et créaient une multitude typologies mêlant espaces de travail, d’exposition et de vie.

En se basant sur ces canons, Heliko voudrait créer le loft du 21ème siècle, un espace libéré des contraintes de la métropole et qui permet le développement d’une vie basée sur l’auto-éducation.

David Bourdon, l’un des biographes de Warhol, raconte l’histoire d’un canapé baroque abandonné au coin de la 47ème rue et 3ème avenue, lequel fut rapatrié dans la Factory pour en devenir le meuble phare ainsi que le personnage principal des films « Couch » produits par Warhol.

Inspirés par cette histoire, la plateforme d’Heliko cherchera à cannibaliser des éléments préexistants dans la métropole et à la sublimer en détournant leur fonction et leur signifié.