Fig.5: immeuble de logements Schwartzpark (2004), architectes Miller & Maranta. (Photo Ruedi Walti) Fig.6: ensemble de logements Limmatwest (2000), architectes Kuhn, Fischer & Partner. (Photo Nicolas Bassand)

De façon plus générale, cette pratique du projet est imprégnée par trois changements majeurs qui ont marqué, à l’échelle mondiale, la première décennie du nouveau millénaire: les préceptes du développement durable incitant à freiner l’étalement urbain, un regain d’intérêt pour des valeurs urbaines, dont l’idée de «construire la ville dans la ville», et le besoin actuellement affirme de redéfinir la densité. Dans ce contexte, l’innovation architecturale et urbaine semble une donnée incontournable pour s’emparer de la dimension sensible de la densité. Se différenciant de l’invention pure, ce type d’innovation consiste essentiellement en une réinterprétation d’une production antérieure, ce que certains nomment la «rétro-innovation » (3). En l’occurrence, les ensembles de logements s’avèrent innovants quand ils revisitent, de façon nuancée, un vocabulaire puisé dans la modernité architecturale ou dans une urbanité plus ancienne et qu’ils réussissent à en extraire des atmosphères inédites qui poursuivent néanmoins une tradition de l’habiter.

[Nicolas Bassand, Densité et logement collectif: innovations architecturales et urbaines dans la Suisse contemporaine. Thèse EPFL : 2009]

Le nouveau paradigme en architecture est de construire compact et durable tout en proposant des nouveaux espaces de qualités. Ce point est très important car l’objectif est une sorte d’opération séduction pour les habitants de ces constructions collectives, qui n’est pas forcément en accord avec le rêve de la propriété individuelle. Dans son travail, Nicolas Bassand met en évidence une spécificité de la barre de logements dans ses différentes capacités à produire de l’espace.

Trois perceptions de densité exprimées schématiquement. De gauche à droite: densité de la profondeur, densité du vide et densité de l’interface (Document Nicolas Bassand)

On pourrait lire alors 3 différentes conditions : la condition de la densité de l’intérieure, celle de la densité de l’entre-deux barre et celle de l’interface en elle-même.

Ces 3 conditions, selon le collectif, pourraient être comprise comme des transitions spatiales qui seraient des épaisseurs au sens de la frontières. Dès lors, chacune de ces transitions délimitent un état tout en proposant une intensité de vie en leur intérieur.

Bunq – Bâtiment polyvalent et d’infrastructures à Gland

Le matériaux qui pourrait représenter le mieux cet état serait celui du polycarbonate. Ce matériaux plastique peut prendre différentes valeurs d’opacité tant en étant capable d’intégrer des fonctions solaires, numériques ou encore de transmissions lumineuses en ne citant que certaines de ses qualités. Un autre aspect important est également celui de la durabilité où le polycarbonate, issu du plastique, s’insert parfaitement dans cette idée. En effet, il peut être recyclé, il est plus léger que le verre et il est facile à mettre en place tout en étant un matériaux avec une longévité d’en tout cas 50 ans.

détail système Danpal
détail système Danpal

Ainsi, il trouverait sa place auprès de l’ossature métallique de notre barre éducative. Il viendrait poursuivre ce langage industriel déjà installé tout en renforçant l’aspect d’une certaine élégance aérienne.

Seasonless House – House Cases
Lan Din – Sher Maker
Danpal – Danpatherm
Groupe-6 architectes – Hôpital Sud Francilien
Dietmar Feichtinger Architectes – School Center Lucie Aubrac
D-Lim Architects – Stardom Enternainment Office