La source d’énergie la plus importante de Suisse vient de la force hydraulique. Elle permet de couvrir environ 56% des besoins en électricité de la Suisse et représente 96% de la part totale de production électrique renouvelable. Elle est favorable à l’environnement et au climat et peut couvrir les besoins croissants de la population.

L’histoire du Valais se confond avec celle de sa lutte pour la conquête de l’eau. Après l’avènement des bisses, ce sont les barrages qui font du Valais le plus grand réservoir énergétique du pays. Entre 1900 et 1970, la plupart des vallées alpines virent leurs ruisseaux retenus. C’est un peu le triomphe de l’homme sur la montagne.

« Que vont-ils faire de toi, Rivière ?

Emprisonnée dans les tunnels, tu finiras dans les vertiges.

Mais, là-bas, tu renaîtras en Lumière… »

Par le poète Maurice Zermatten

Carte barrages OSOA

Le Valais compte 46 barrages dont la puissance des centrales est supérieure à 10 MW et qui produisent plus d’un quart de l’énergie hydroélectrique consommée en Suisse. Ces aménagements hydrauliques valaisannes se distinguent par leurs grandes capacités de stockage ainsi que leur importante chute. A ceux-ci s’ajoutent les installations au fil de l’eau, notamment sur le Rhône (Ernen, Mörel, Massaboden, Chippis, Lavey). Le Valais dispose ainsi d’importantes capacités de stockage. La force hydraulique doit être encouragée car elle est une source d’énergie renouvelable.

La production hydroélectrique ne demande pas uniquement de grosses infrastructures. Il est possible de produire une énergie à partir de petits cours d’eau et de réseaux d’eau potable existant. Certaines communes valaisannes utilisent déjà ces mini-centrales hydroélectriques de 80 à 2000kW le long des rivières de moyenne à haute chute. Le rendement énergétique s’élève à 90% et permet de produire localement et durablement de l’électricité .

La Grande Dixence, source: médiathèque du Valais

...”L’oeil du poète « Et tout à coup j’ai vu la Dixence. Elle est à l’échelle des montagnes (…). J’en fus saisi et je me dis, mes fleurs à la main : réjouis-toi ! Va revoir cette œuvre en tous cas, elle est la base, la pierre d’angle, de touche, d’achoppement du nouveau pays. Le nombril du Valais est là et la pierre commence son roman : broyée, émiettée, dévalant sur un caoutchouc vers d’autres installations et finissant par devenir le béton d’un grand mur. Je suis entré dans la montagne au fond d’une vallée couverte de crocus, secouée d’avalanches, et j’en suis sorti dans une autre, très loin. De Cheilon au chantier d’Hohwäng, face au Cervin, il y a vingt kilomètres par le grand collecteur qui doit drainer toutes les eaux de la Viège, toute la ramille des sources, toutes les cascades, tous les torrents surgis des glaces qui enserrent Zermatt au vaste horizon. Le grand collecteur a ses rameaux secondaires, ses puits, ses siphons ; le flux entier des glaciers qui coule vers la Dixence…. » Maurice Chappaz, Journal intime d’un pays, Treize Etoiles, septembre 1960″…

Réalisateur Claude Goretta

Le barrage de la Grande-Dixence a été construit entre 1953 et 1961. C’est le plus haut barrage poids du monde (285 mètre) et permettant de stocker les eaux de 35 glaciers valaisans acheminée par 125 km de conduites. Il représente 6 millions de mètre cube de béton (soit deux fois la Grande Pyramide) et 400 millions de mètres cubes d’eau. Le barrage fait partie d’une vaste installation hydroélectrique nommée Cleuson Dixence ou Grande Dixence dont la puissance vaut 2000 MW. Des tunnels sur plus de 100km acheminent l’eau depuis les vallées alentours grâce à une quarantaine de captages et plusieurs usines de pompages. Les différentes centrales hydroélectriques (Chandoline, Fionnay, Nendaz, Bieudron) sont reliées par trois galeries d’amenée et conduites forcées.