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Deux peuples se partagent une île, faute de trouver un accord pour vivre ensemble. 

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Leurs différents sont importants et une zone de neutralité est mise en place pour mettre fin aux conflits. 

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Mais loin d’atténuer les tensions, cela ne fait que les attiser et repousser à plus tard la prise d’une décision.

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Un lieu en particulier cristallise l’envie de chacun de s’approprier la terre : Varosha. Un quartier de la ville côtière de Famagouste, ville historique à la fois symbole de la coexistence entre les communautés et à la fois le symbole de cette lutte qui ne finit pas. Abandonnée depuis quarante-cinq ans, la nature y a repris ses droits faute d’habitants. 

5 ·····

Un collectif de jeunes, aussi bien turques que grecques, profite de la réouverture du quartier de Varosha pour occuper ses bâtiments abandonnés. Ils en ont assez d’un pays qui est devenu un paradis pour les riches et qui ignore les besoins de ses habitants. Ils s’appellent point barre.

Ils ne représentent ni une faction, une nationalité ou une religion.

Leur but est de développer ensemble, dans un pays blessé par la guerre, un nouvel espace de discussion, d’égalité et de vie; celui du 21ème siècle, où la liberté est le fruit des décisions citoyennes. Varosha devient alors un lieu d’expérimentation du vivre ensemble. La nouvelle cité bicommunautaire est un lieu d’un nouveau type, autosuffisant et local, utilisant les dernières technologies pour asseoir son indépendance vis-à-vis de puissances extérieures. 

6 −····

La nouvelle ville se développe en deux entités différentes : 

la plateforme -arena- est le lieu de l’hypertechnologie, de l’hypercommunication, de l’hyperdémocratie : on y travaille, on y communique, on s’y divertit. Elle prend place sur le tissu existant figeant les ruines comme élément témoin d’une époque révolue. En s’avançant sur la mer, elle permet l’utilisation de l’eau pour l’agriculture à sa surface.

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La ville verte est le lieu de la communauté locale, de l’écologie et de la nature : on y loge, on y mange, on y respire en jouissant d’une vue sur la mer sans toutefois s’inscrire dans la logique des anciens hôtel, privatisant la côte. Leur façade réfléchissante regroupe l’entitée sur elle même, la mer se prolonge à l’infini ; c’est une île bleue dans l’île. 

Tel Janus, le dieu à deux tête, les deux entités se complètent et sont les deux faces de la société actuelle.