Notre manifeste réside en une expérimentation face aux sujets proposés par l’exercice académique de Superstudio. Nous souhaitons ainsi conjuguer et agrémenter ce manifeste autant de fois qu’il y aura de phases. Ce qui suit en propose les fondements et s’ancre dans l’exercice de l’archive.

La raison peut être définie comme l’entendement du monde par la multitude. Le rationalisme nous apparaît comme la réflexion de la connaissance. Avec pour vocation première d’étudier le monde d’aujourd’hui, nous soutenons ainsi l’hypothèse que l’architecte a un rôle de médiateur dans un monde complexe.

Nos présomptions ne cherchent donc pas à raviver les théorèmes d’une architecture passée mais à s’étendre au-delà de la profession afin d’importer rationnellement des considérations philosophiques, technologiques, sociales, légales et économiques dans le champ de l’architecture. Nous essayerons notamment de nous questionner sur les raison mêmes du retour au rationalisme ainsi que les éléments fondateurs du rationalisme aujourd’hui.

Nous tenterons de traiter les archives non pas comme une sélection d’images provenant d’archives existantes, mais comme des synthèses des réflexions sur le monde contemporain afin d’en saisir la structure sans prérequis idéologiques. L’archive sera partagée plutôt que collectionnée. Les références architecturales ne seront pas étudiées d’un point de vue architectural. 

Au reflet de notre société, nous tenterons de confronter l’architecture à l’immatérialité. La construction se passe déjà des architectes. Le rationalisme est là. Il s’agira d’en proposer une appréhension urbaine. L’immaterialité sera notre imaginaire premier afin de considérer des préoccupations eutopiques. La condition urbaine semble toutefois nourrir nos préoccupations extra-architecturales.

Nous accusons une certaine obsession pour un rationalisme flexible, générique et immatériel pour que le rationalisme soit générateur d’habitats, pour qu’il puisse accueillir les particularismes de chacun ainsi que des paradigmes contradictoires. 

Notre vision du rationalisme se dessine donc par la structure de nos archives éclectiques, il en est la somme et à la fois le dénominateur commun.