Usine Van Nelle
Colonnes champignons révolutionnaires, apport important de lumière naturelle en façade, efficacité des déplacements et structure innovante, l’usine Van Nelle de Rotterdam, construite entre 1926 et 1931 par les architectes Jan Brickman et Leen Van der Vlugt, a marqué l’architecture industrielle du XXème siècle.

Dans la logique d’une architecture rationaliste, nous avons voulu développer une structure alliant efficacité statique, économique des matériaux et utilité technique. Nous avons opté pour un système de colonnes champignons creuses, placées sur un plan hexagonal, les hexagones étant la forme la plus proche du champ d’influence circulaire d’un porteur ponctuel.

Structure
La dalle générée par les “chapeaux” des colonnes champignon est optimisé du point de vue des efforts et éconone en matériaux. Sa hauteur statique varie: la dalle est épaisse sur, et aux abord des colonnes, où s’exercent le plus d’efforts et plus fine à la bordure des “chapeaux”, de manière similaire à la géométrie d’un porte-à-faux idéal. Si une telle dalle est difficile à imaginer dans la situation actuelle, où le coût de la main d’oeuvre interdit des coffrages compliqués tels que celui proposé ici, on peut supposer que dans un futur ou primeront économie de matériaux et impact environnemental, ce système de dalle optimisée pourrait être choisi.

Les facettes obtenues au plafond grâce aux colonnes champignon pourraient aussi être un atout pour la réverbération non-uniforme des sons et éviter ainsi des échos ou propagation des bruits.


Double-usage
Les colonnes imaginées sont creuses et l’eau, l’électricité, l’air du chauffage et de la ventilation, et d’autres réseaux y circulent afin de s’affranchir des habituelles gaines techniques. Ces colonnes “tuyautées” permettent en outre d’avoir accès à ces réseaux à tout endroit du bâtiment, offrant une réelle liberté dans l’implantation des activités et l’utilisation des zones par les habitants.
Les fondations et les murs des espaces souterrains sont parcourues de tubes récupérant la chaleur du sol et alimentant ainsi une PAC de manière non invasive pour les sols aux alentour du bâtiment.

Curtain Wall
Afin de diffuser la lumière le plus loin possible dans cette barre de longue profondeur, les espaces situés en façade se déployent deux étages. Le curtain wall double-peau est conçu pour servir au mieux le bâtiment en isolant, ventilant, protégeant de la surchauffe et des éblouissements les espaces intérieurs. Les brises-jours inclinables du curtain wall s’interrompent à hauteur d’homme, un avant-toit prenant le relais, afin de garantir une vue non-encombrée sur l’extérieur depuis la galerie. Cet avant-toit est en outre équipé de panneaux photovoltaiques.
Des puits de lumière pourraient être percés plus au centre du plan afin d”amener un accès à la lumière zénithale.

Plafond technique
Dans la barre, mise à part la structure, aucune élément ne seraient fixe, ni même posé au sol. Un plafond technique distribuant les réseaux de manière horizontale et muni d’un système isotrope de rails suspendrait l’ensemble des éléments servant à la vie. Les cuisines, espaces sanitaires, les meubles, et jusqu’aux parois seraient des éléments suspendus, pouvant être déplacée au gré des configurations des activité et rangés lors d’une besoin d’espace libre.

Circulation
La circulation verticale est en partie résolue par un système d’ascenseur paternoster alimenté en énergie potentielle par les eaux usées produites aux étages supérieurs.

Questionnements:
Nous nous posons des question sur le nombre d’étages et sur les matériaux employés pour la structure: si le béton vient comme une évidence pour ce type de construction, pourrait-on prendre le contrepied et envisager se tourner vers un matériau ayant un impact moins important sur l’environnement ?