Enclave, nom commun féminin | Îlot, domaine, qui a son unité, ses caractéristiques propres et qui s’isole par rapport à tout ce qui l’entoure.

No man’s land, no man’s lands ou no man’s land, nom masculin | De l’anglais, terre qui n’est à personne. Terrain neutre.

OFFICE 35 | Cité de refuge, Ceuta, 2007

Situé à Ceuta, ville autonome espagnole sur la côte nord de l’Afrique ayant une frontière directe avec le Maroc, le projet de la cité de refuge se situe dans une faille géographique, une zone tampon entre deux continents. Le bâtiment s’impose comme un poste de frontière, une infrastructure qui régit le flux migratoire. C’est un lieu de transit, où les séjours ne sont que temporaires. L’infrastructure se veut par ces dimensions comme la genèse d’une nouvelle ville, la transformation du palais en ville.

Formée par un grand carré de 482 x 482 mètres, la ville est entourée d’une structure de piles colossales creuses formant une colonnade, comme un rempart épais. À l’intérieur de ce mur se trouvent tous les éléments d’infrastructure nécessaire au passage d’une frontière : bureaux, hôtels, magasins. La place fortifiée est laissée intacte, sans programme. C’est une place de marché, un espace de réception, comme un quai. De cette façon la Cité de Réfuge reflète l’impuissance à trouver des solutions aux problèmes se produisant sur cette frontière. Dans le même temps, le projet explore la ville dans sa forme la plus radicale et concise: comme un acte délibéré, une décision politique. (OFFICE)

OFFICE 15 | Poste de frontière, Anapra, 2005

Situé à Anapra, ville frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, le poste de frontière s’impose dans le paysage comme un monument continu, un bloc parallèle percé dans ses longueurs qui interrompt la frontière sans fin et fournit un passage. Sa forme allongée évoque l’élancement des ponts, image d’un seuil, d’une barrière à franchir. 

Un mur de neuf mètres de haut définit un no man’s land entre les deux pays. Dans les murs blancs, une grille de palmiers impose l’ordre à un grand jardin ombragé. Des pavillons pour le contrôle et l’administration des passeports sont répartis ici et là, faisant partie du jardin. L’oasis est un point de référence dans le vaste paysage Tex-Mex, son contenu caché du paysage ouvert par ses murs massifs. Dans toute sa simplicité, il pose des questions sur le désir de la terre promise. (OFFICE)