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an 2050. les dernières décennies ont vu se soulever des populations du monde entier contre la corruption inhérente à la politique. le peuple s’est lassé des gouvernements, trop corrompus et qui ne répondent plus aux revendications populaires. dominations, violences systématiques, explosion démographique allant de pair avec l’augmentation de la pauvreté et de la misère, famines, épidémies, sans oublier la sur-pollution, la dégradation brutale des conditions climatiques… le progrès technique n’a fait que différer l’effondrement inéluctable de l’écosystème mondial, incapable de supporter cette croissance exponentielle. la chute des ressources (descente énergétique) a impliqué une réduction de l’activité économique, de la complexité et de la population, allant de pair avec l’épuisement des combustibles fossiles. tout cela a conduit à un écroulement du monde tel qu’on l’a connu. les grandes puissances capitalistes se sont peu à peu effondrées amenant à une chute économique globale.

Ambrogio Lorenzetti’s frescoes on “The Effects of the Good and Bad Government” (Palazzo Pubblico, Siena, 14th century)

avec le temps, cela a entraîné un exode urbain massif. la ville est devenue ruine et les hommes habitent hors des villes, dans des barres auto-suffisantes : le citoyen n’est plus un citadin. 

« Imaginez une campagne urbaine, un paysage très varié mais humanisé. Il n’est ni urbain ni rural dans le sens ancien du terme, puisque les maisons, les lieux de travail et de rassemblement sont situés parmi les arbres, les fermes et les ruisseaux. […] Elle traverse les anciennes frontières politiques et occupe, ou est en train de s’installer, de nombreux types d’habitats aujourd’hui évités : pentes montagneuses, mers peu profondes, déserts, marais, glace polaire. En ce sens, le monde est plus uniformément habité, et même les endroits qui ne sont pas habités en permanence sont plus fréquemment utilisés qu’auparavant. Les villes ne sont plus des îles encerclées par une barrière de corail de banlieues, lavées par une mer rurale. Cette mer n’est plus non plus un vide à franchir, une mine de nourriture et d’énergie, ni un lieu de repos éloigné. La plupart des gens ne pensent plus à leur “ville natale”, mais à leur “région natale”. Chaque région se développe à sa manière… “

Kevin Lynch, « A Place Utopia » in Good City Form, 1981 p. 294

ainsi l’homme ne s’identifie plus par nation ou par ville mais par son rattachement local à un territoire. cette région indépendante devient la polis moderne – la nouvelle commune – et la démocratie locale se fait grâce à un nouveau système d’institutions locales :  la plateforme PLn. 

la métropole a donc évolué et s’est condensée : elle devient une entité qui fournit la sphère de la culture, des lois, des services, et des échanges économiques. chaque plateforme a “la responsabilité de la monnaie, de la transparence des marchés, de l’harmonisation des conditions sociales, de la protection de l’environnement, de la sécurité, de la protection sociale, de la santé, de l’éducation, de l’immigration, de la politique étrangère […] et dispose d’une instance de résolution des conflits […] ”. la ville telle qu’on la connaît n’existe plus, il n’en reste que les symboles identitaires – politiques, culturels, religieux-. le PLn concentre ce qui reste de la métropole et seuls les bâtiments illustrant ces symboles sont gardés dans la plateforme. 

“Ces nouvelles économies et communautés locales [présentent] certaines des caractéristiques propres à leurs homologues traditionnels et indigènes du passé, mais elles en [sont] radicalement différentes: elles [sont] constituées de populations migrantes, hybrides et multiculturelles dont les patrimoines génétiques, les rituels et les idées [viennent] du monde entier. De ces caractéristiques [naît] une nouvelle vigueur hybride, semblable aux écosystèmes eux-aussi hybrides, constitués de plantes et d’animaux exotiques et indigènes, qui [fournissent] les ressources nécessaires à ces nouvelles économies locales. L’action de ces cultures [est] certes locale, mais elle [s’appuie] sur des approches et des valeurs internationales […].”

David Holmgren, Permaculture, Principles and Pathways (2002), chap 8, trad. Fra. :  p. 383

cela a conduit, peu à peu, à un nouvel équilibre planétaire. l’exploitation de l’énergie et des ressources se fait localement et à petite échelle. cela a permis l’installation d’une nouvelle économie qui produit des services sans chercher à en tirer un profit systématique.  le capitalisme ne dicte plus le marché et il n’y a plus de puissances dominantes : le lien entre le marché et la politique, si inhérent aux sociétés du passé, est rompu. on constate l’arrivée d’une démocratie planétaire, tolérante, pacifique, diverse mais rassemblée. même si la civilisation ultra mondialisée et nomade telle qu’on l’a connue n’existe plus, ces nouvelles communautés locales restent reliées entre elles à travers une instance mondiale démocratique ultra connectée. les plateformes servent de réseau de communication international où, grâce à l’hyper technologie toutes les instances politiques sont accessibles à tous les citoyens.  

Ambrogio Lorenzetti’s frescoes on “The Effects of the Good and Bad Government” (Palazzo Pubblico, Siena, 14th century)

Bibliographie :

ATTALI Jacques, Une brève histoire de l’avenir, 2006

BOOKCHIN Murray, “Urbanisation sans cité”

HOLMGREM David, Futur scénario, 2009

HOLMGREM David, Permaculture, Principles and Pathways, 2002

LYNCH Kevin, Good City Form, 1981 

MAROT Sébastien, “L’Envers du décor”, 2018 

MEADOWS Donella, MEADOWS Dennis, RANDERS Jorgen, The Limits to Growth, 1972

ALEXANDER Christopher, ISHIKAWA Sara, SILVERSTEIN Murray, A Pattern Language, 1977