23% des réfugiées sont des femmes.

La vie des femmes est dictée par la peur.

Elles sont confrontées à une insécurité permanente, problème majeur sur le camp de Moria.

De leur pays d’origine, en passant par les voyages et jusqu’aux camps, ces femmes sont confrontées à des viols et autres types de violences.

Bien qu’arrivées en Europe, leurs conditions de vie n’en deviennent pas pour autant meilleures.

Beaucoup de femmes et petites filles, y compris les plus fragiles, vivent dans des conditions abjectes : pas d’accès sécurisé à des ressources et services essentiels tels que des abris, l’alimentation, l’eau, l’assainissement et les soins médicaux. Parmi elles : des femmes enceintes, des victimes de violences, des femmes en situation de handicap et des femmes et filles seules.

A l’origine, des sections séparées réservées aux femmes étaient prévues mais la saturation du camp couplée à l’arrivée régulière de nouvelles personnes rendent ces espaces insuffisants.

De nombreuses femmes dorment dans la rue. Quand elles en sortent enfin, il n’y a plus de place dans les sections séparées. On leur alors une tente où elles vivent aux côtés d’hommes et de garçons sans lien de parenté avec elles, souvent dans des tentes sans fermetures sécurisées voire dans des tentes mixtes partagées.

Comme en témoigne les déclarations ci-dessous, le simple fait d’aller aux toilettes semble trop risqué dans le camp de Moria.

Aucune protection n’existe face au harcèlement sexuels et aux violences sexistes.

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« Je ressens une forte inquiétude, j’ai surtout peur pendant la nuit. Je crains que quelqu’un ne m’agresse et ne me fasse du mal. Parfois des hommes plus âgés que je respectais viennent vers moi et me demandent quel est mon prix. Ils disent « tu es seule, tu dois être une prostituée. J’en ai parlé à des policiers, mais cela les a fait rire. »» Shayla, 21 ans, originaire d’Afghanistan

« Nous dormons dehors dans la rue, où il fait trop froid. Nous n’avons nulle part où dormir. Nous avons peur des hommes ivres. Nous n’avons aucune possibilité de nous défendre. Nous craignons pour nos vies. » Aziza, 17 ans, originaire de Somalie

« On ne sort que rarement de la tente. Les hommes et les garçons me regardent, je n’aime pas ça… Si je dois aller aux toilettes pendant la nuit, je dois attendre jusqu’au matin : je n’ai pas le choix. » Tahmina, 14 ans, originaire d’Afghanistan

« La vie sans papa (en Afghanistan) était déjà difficile, mais maintenant, c’est encore plus difficile. » Naima, 12 ans, originaire d’Afghanistan

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Les autorités doivent identifier les personnes « vulnérables » afin de les orienter vers les services d’appui et les hébergements appropriés tels que des appartements en dehors de Moria.

Un centre de jour, crée en Janvier 2017, situé à Mytilène, leur offre quelques heures de répit la journée.